Aventure orthographique…
Au détour d’un commentaire récent répondant à un message précédent, Bruno B. écrivait :
« Je suis très fier... j'ai réussi à transmettre dans mes gènes un esprit de rébellion qui s'exprime même par le mépris des règles de grammaire et d'orthographe... Pfouuu ! (soupir d'impuissance) »
Je sais sa sensibilité aux qualités grammaticale et orthographique d’un texte. Je sais aussi que ce site n’est pas parfait sur ce point… Et ce fidèle gardien de la langue me pousse même à (en ce moment) rapatrier tous ce site pour le passer au correcteur orthographique… Ce dernier faisant des fautes également !
Il est vrai, également, que mes rapports avec l’accentuation sont assez conflictuels…
Une facile absolution consisterait à, justement, cultiver l’esprit de rébellion en bravant les dogmes du dictionnaire, cette bible aux mains d’une quarantaine de joyeux drilles académiques…
Mais, et c’est l’objet de ce propos, j’ai découvert sur le site d’Angélique un titre interpellant : « échapade en enfance »…
Je n’ose croire que, simple lapsus calami, « échapade » voulait dire escapade… moins néologique mais préféré par Larousse ! Et l’échappée n’est-elle pas (au sens de l’escapade) un court voyage par lequel on se libère de contraintes ?
minute nostalgie : J’ai souvenir de jeunesse où j’avais choisi le pseudonyme « Emmanuel Scappata » pour habiller une histoire d’amour… Scappata étant l’origine italienne d’escapade…
Mais, me disant que créer un nouveau mot il ne fallait pas trop s’éloigner de l’existant : échappade eut été préférable, me dis-je in petto. Et là, miracle de Microsoft, « échappade » apparait comme correct dans ce texte !
Je me précipite sur mon petit dictionnaire illustré : point d’échappade !
Google étant (parait-il) mon ami, je l’appelle à l’aide : quelques micro-secondes plus tard, www.patrimoine-de-france.org , par l’intermédiaire de son dictionnaire de l’académie, me dit la définition d’échappade :
n. f. XVIIIe siècle. Dérivé de (s')échapper. (GRAVURE). Sillon tracé par accident lorsque l'outil échappe des mains de l'artiste en raison de la résistance opposée par la surface à graver.
Il est bon que la jeunesse sache reculer dans le temps pour y trouver de jolis mots…
même par hasard !
Cela dit, si Angélique l’avait inventé, j’aurais pu paraphraser Jack Lang (qui saluait l’invention sémantique d’un autre néologisme ségolien « bravitude ») en disant :
« Echappade ! j’aurais aimé inventé ce beau mot »…
Et que dire du titre « Ampathie » de l’un de mes poèmes (plutôt que l’académique Empathie) ? Quand on sait qu’ampathie est le « mot-clé » le plus utilisé sur les moteurs de recherches pour arriver sur « quelques mots »… peut-être l’objet d’un autre article orthographique !